Blog d'un jeune social-démocrate ouvert sur le monde

Blog d'un social-démocrate vivant à Paris.

05 août 2007

Punission physique mérite il santion?

J'avais posé lors d'un des débats participatifs une question à mon député qu'il avait eu du mal à répondre franchement. En effet, il m'avait donné une réponse négative face à tout le monde puis une réponse affirmative dans un tête-à-tête quelques minutes après. Je ne lui en veux pas. Le débat participatif a été largement pollué par les énergumènes de SOS Papa dont l'action, certes sympathique n'en reste pas moins marginale.

Ma question pour le moins originale avait pris forme dans mon esprit lorsque la veille Julien Dray avait réussi à faire une magnifique langue de bois sur une question pourtant simple. Il n'avait, en effet, pas su répondre à cette question: "si mon enfant ne fait que des bétises est-ce que je peux le corriger en lui donnant une fessée?"

Cette question n'apportera jamais de réponse franche et pour cause. Sur le modèle de Ni Putes Ni Soumises, une association est née pour lutter contre les claques et les fessées. Pour juger de cette association "avant-gardiste", il faut noter que pour elle éduquer un enfant est un métier. Dois-je rappeler que Christine Boutin la leader de l'anti-pd et actuelle ministre de la famille souhaite instaurer le statut de mère de famille? A n'en pas douter le lignage de l'association de l'anti-claque est de droite. Dominique Versini, ancienne secrétaire d'Etat sous Chirac, est d'ailleurs défenseure des enfants. Le mot d'ordre de l'association est que donner des claques à des enfants pour une faute qu'ils ont commises crée des gens violents. Les hommes et femmes de la génération 68 ont tous reçu un de ces sévices corporels au moins à l'école. Sont-ils pour autant plus violents que les plus jeunes? La réponse coule de source.

La violence des gens n'est pas engendré par ces sévices corporels et une fessée n'a jamais fait de mal à personne. La punition corporelle doit rester un outil de la gamme de punition envers ses enfants. Car si la claque ou la fessée est traumatisante pour l'enfant, qu'attendons-nous pour monter une association "Ni suppression du dessert ni de la WII"? Ce que le Conseil de l'Europe souhaite faire adopter aux 47 pays qui la composent est tout simplement abjecte. Considérer la baffe comme une mutilation entrainerait une bunkerisation des cours d'école et l'enfermement de nombre de nos chères têtes blondes en prison pour longtemps. Rappelons-nous en effet que Nicolas, soit loué son prénom, souaitait il y a un an que chaque jeune dès 3 ans soit suivi par un psychiatre et mis en asile si besoin était. La place du mutilateur ne serait-il pas en prison?

La dérive que prend ce monde est vraiment inquiétant. Mais où allons-nous?

N.B pour tous les gens tordus qui vont passés par ici : je ne défend pas les parents qui battent leurs enfants, je défend le droit des parents à corriger leur enfant qui vient de voler, de frapper quelqu'un d'autre...

Et n'oubliez pas que si vous avez connaissance d'un enfant battu (ce qui est différent d'un enfant corrigé), il  y a obligation de contacter les autorités administratives (119-Allô Enfance Maltraitée) ou judiciaires.

Posté par abadinte à 00:11 - Fourre-tout - Commentaires [15] - Permalien [#]
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Commentaires

Salut camarade, j'ai changé d'adresse: http://maximepisano.com change tes flux rss ;) A plus!

Posté par Maxime, 05 août 2007 à 02:10

Il y a une gradation dans la réprimande par les parents, c'est logique.
La fessée doit rester l'exception mais elle peut marquer une limite à ne pas franchir. Je veux dire qu'éduquer c'est indiquer aux enfants qu'il y a des limites !
A l'inverse, la gifle, d'après ce que j'ai pu lire chez les pédopsys est tout à fait à proscrire !
:-)

Posté par filaplomb, 05 août 2007 à 09:41

La gifle? Tout dépend de l'âge. Un ado qui vient de faire une grosse connerie doit recevoir une gifle de ses parents...
Maxime, je met à jour.

Posté par abadinte, 05 août 2007 à 09:58

Je n'ai pas d'enfant, donc, difficile de répondre. Mais je me souviens d'un pote qui avait donné une fessée à sa fille. Il en était tout retourné, il regrettait. En fait, j'ai quand même un avis: ça me paraît être la pire des choses (même si c'est écrit dans la Bible)!

Posté par Eric, 05 août 2007 à 13:03

- Tout dépend par ce qu'on entend par giffle ou claque. Il s'agit toujours d'un geste violent de toutes façons. Mais il y a un monde entre la fessée conçue comme chatiment corporel ritualisé (comme c'était le cas du temps des pères fouettards des collèges d'autrefois) et 3 claques sur le derrière d'un bambin auquel on a dit 50 fois de ne pas tripoter les boutons de la cuisinière à gaz.

La giffle me semble par contre rentrer dans le domaine de l'humiliation aux fins d'obtenir la soumission, non de la punition.

- SOSpapa n'a rien de sympathique, c'est un dérivé des organisations ultra-libérales et évangélistes nord-américaines par lesquelles il est financé et soutenu, antiféministe et réactionnaire. Ce sont les héritiers des pères fouettards.

- le statut de mère de famille est une revendication rétrograde des organisations anti-progressistes de droite et d'extrème droite s'inspirant du fascisme mussolinien. Sous prétexte d'octroyer un revenu minimum misérable aux femmes, c'est pousser à leur retour au foyer plutot que de leur faciliter l'entrée dans le monde du travail où les hommes sont encore nettement avantagés en gagnant en moyenne autour de 20% de plus à travail égal.

Posté par Lory, 05 août 2007 à 14:23

Je ne sais pas si une fessée n'a jamais fait de mal à personne, mais par contre, je sais qu'en aucun cas elle ne saurait remplacer une nécessaire discussion. Le dialogue, c'est encore le meilleur moyen de comprendre et d'éviter d'en arriver à la fessée, même si je le concéde, ce n'est pas toujours facile.

Posté par leunamme, 06 août 2007 à 16:32

"Les hommes et femmes de la génération 68 ont tous reçu un de ces sévices corporels au moins à l'école": ceci est évidemment présomptueux: la dernière génération à avoir connu systématiquement les punitions corporelles (excepté dans les campagnes profondes et les familles traditionnalistes) est la génération qui a grandi dans les années 50-60, avant la génération 68 précisément.

Par ailleurs, nous ne sommes pas sur l'île de Sarq ou l'île de Man: les punitions corporelles sont une survivance médiévale tout à fait résiduelle, qu'il faut proscrire en tout lieu: relire Libres enfants de Summerhill...
J'observe que même un Chevènement, à gauche, n'aurait pas préconisé un retour à ces pratiques avilissantes...

Posté par Julien Tolédano, 07 août 2007 à 09:02

la dérive des claques

Il est panpan culcul ton sujet.

Posté par nef, 07 août 2007 à 11:22

La génération 68 est celle qui a grandi dans les années 50 et 60...

Posté par abadinte, 07 août 2007 à 13:37

Clac, clac, clac, clac

Bravo.

Posté par Nef, 07 août 2007 à 14:35

La génération de mon père (celle qui était dans la rue en mai 68 et a lancé des pavés sur les CRS au Quartier latin tout en étant dans des groupuscules marxistes, communistes...) n'a pas été élevée dans cette "culture" de la fessée et du coup de règle en métal.
Dans les provinces reculées que décrit bien Jean Fourastié dans les "30 Glorieuses", on trouve encore des comportements à l'ancienne (inceste, pénitence infligée par le curé...) mais précisément, ce sont des choses qui régressent et mai 68 s'est inscrit en contre (création des CES, libéralisation de la famille, de l'avortement, déesserrement de l'autorité parentale...).
Faut-il revenir 40 ans en arrière ?
On voit bien que même Chevènement s'est résigné à "acter" des évolutions du système éducatif qui sont irréversibles. Même à droite, ils en sont timidement à vouloir contester des méthodes pédagogiques acquises en 68: où est le consensus pour réintroduire la fessée ?

Enfin, libre à toi d'avancer des propositions de ce type, qui trouveront peut être quelque écho dans des associations de parents d'élèves catho intégristes et chez les scouts liées à Mgr Labeyrie...

Posté par Julien Tolédano, 08 août 2007 à 02:18

Bon tu as mal lu. Le rapport dit que ceux qui reçoivent des punitions physiques : fessées, gifles, coups de règles sont plus à même de recommencer et à être violent. Je pense que c'est faux puisque nos parents ou nos grands parents ne sont pas des gens violents. Donc recevoir une punition physique n'engendre pas la violence qu'ils décrivent. Surtout lorsque la violence est une réponse à une grosse faute.
Interdire aux parents d'utiliser ce moyen de punition comme le souhaite le conseil de l'Europe au motif que ça rend violent est innaceptable parce que ça ne rend pas violent (comme je l'expliquais dans ce segment de phrase) et certains enfants peuvent avoir besoin de recevoir une fessée lorsqu'ils font des bétises.
Je n'ai écrit nul part que je souhaitais réintroduire les punissions corporelles à l'école.

Posté par abadinte, 08 août 2007 à 09:56

La reproduction des comportements des parents n'est pas une chose nouvelle, je peux en attester. Certes, je ne suis pas certain qu'une petite fessée de temps en temps fasse de quelqu'un un être violent, mais une fessée tolérée, voire une gifle, c'est le début d'un engrenage qu'on peut bien ne plus contrôler.
La fessée a quelque chose de traumatisant pour l'enfant: en pleine construction de sa personne, une autre personne, plus grande que lui, porte atteinte à ce qu'il est, et lui fait mal, "pour son bien", "pour lui faire comprendre", "pour qu'il écoute". Dans tous les cas, la punition corporelle est un aveu d'échec, et n'instaure pas le respect mutuel entre l'enfant et le parent.
Mettre l'enfant au coin, oui. Le disputer fortement, très bien. Mais l'humiliation que représentent la fessée, la gifle, la dispute publique, alors là non. Nous formons déjà suffisamment une génération de suicidaires!

Posté par Maxime, 08 août 2007 à 12:22

En tout cas, tu cherches à investir le sociétal: pourquoi pas ?
L'interdiction du Conseil de l'Europe serait une mesure juridique européenne de plus, abstraite, sans effet, droit-de-l'hommiste sur un mode que je n'aime pas...
Le problème aujourd'hui qui nous est posé, Socialistes, est de ne pas céder au discours démagogique de la droite sur la responsabilisation des parents, qui s'adresse surtout aux familles populaires qu'on veut mieux contrôler, selon une logique qui nous ramène au XIXème siècle.
De ce point de vue, "interdire" les punitions corporelles est rétrograde. Surtout si cela se traduit dans le droit pénal: cela augurerait des dérives à la Outreau, avec des drames familiaux, surtout dans les milieux populaires. La droite doit conserver son monopole du moralisme rétrograde...
Ségolène Royal, m'a-t'il semblé, n'a pas cédé au travers, comme on l'a dit: le côté boy-scout que ses adversaires ont pointé était en fait pleinement proportionné: elle n'a rien proposé de rétrograde. Son discours sur la famille est pragmatique et, surtout, a eu le mérite d'exister.
La politique familiale a été ringardisée, mise sur un même plan que l'aide sociale, que le libéralisme veut réduire, déconstruire: c'est un problème auquel nous devons réfléchir en permanence...

Posté par Julien Tolédano, 08 août 2007 à 19:40

"Ségolène Royal, m'a-t'il semblé, n'a pas cédé au travers, comme on l'a dit: le côté boy-scout que ses adversaires ont pointé était en fait pleinement proportionné: elle n'a rien proposé de rétrograde. Son discours sur la famille est pragmatique et, surtout, a eu le mérite d'exister."
Ce n'est pas une question de boy-scout, mais une question de thèmes abordés et de solutions proposées: j'ai vraiment eu du mal à défendre l'encadrement militaire, par exemple. Remettre la famille au coeur des questions sociétales ne me semble pas l'essentiel, désolé.

Posté par Maxime, 08 août 2007 à 19:51

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