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27 août 2008

Les contributions socialistes sur l'Europe : les politiques européennes

Suivant le constat de la crise européenne et que l'Europe doit protéger les Européens, les Socialistes mettent en avant plusieurs propositions. Après s'être intéressé aux problématiques de la Banque Centrale Européenne et des fonds souverains et de l'harmonisation fiscale et sociale de L'Union Européenne, les Socialistes souhaitent agir sur les grandes politiques européennes.

Les Socialistes sont d'accords avec le constat que le budget européen est trop faible aujourd'hui pour mener une véritable campagne. Martine Aubry ne se trompe pas de combat lorsqu'elle écrit qu''une autre bataille majeure est celle du budget européen qui représente à peine plus qu’1 % des PIB européens. Il faut le fixer de manière à perpétuer les fonds structurels, outil majeur de solidarité des régions riches vers les régions pauvres en Europe. Ce budget doit permettre de développer les grandes politiques d’avenir dans la recherche, les infrastructures. Il nous faudra même revoir la politique agricole commune pour accompagner les agriculteurs réalisant des cultures de qualité, et réformer une politique d’attribution des subventions trop inégalitaire et qui favorise trop souvent les exploitations les plus grandes et les plus fortes au détriment des autres." Marylise Lebranchu propose "une fiscalité unique sur le capital [qui] pourra être mise en place sans faire « fuir » ces capitaux à l’étranger, même si l’idée de créer un impôt européen sur le capital nécessitera aussi beaucoup de négociations avec nos partenaires, y compris sociodémocrates." Benoit Hamon se retrouve en accord avec Marylise Lebranchu pour "réviser le pacte de stabilité, créer un impôt européen sur les sociétés et lancer un emprunt pour financer le budget communautaire." Pour sa part, Bertrand Delanoë estime que le "budget de l'Union Européenne porté à 1,5% du PIB des États membres. la création d'un impôt écologique européen pour que l'Union dispose d'une nouvelle ressource propre." Le premier signataire de Clarté, Courage, Créativité évoque même la possibilité d'"un grand emprunt européen pour financer les grands travaux d'infrastructures matérielles et immatérielles ainsi que les projets de recherche fondamentale." François Hollande tombe d'accord avec le maire de Paris sur le "budget européen capable d’assurer la solidarité entre les pays et d’investir -y compris en recourant à l’emprunt- dans les infrastructures, la Recherche et dans une véritable politique industrielle." Laurent Fabius reste plus vague et plaide "pour que l’Union puisse disposer de ressources nouvelles et finance en priorité les politiques dont elle a le plus besoin pour préparer l’avenir (infrastructures, recherche, innovation, formation…)." Enfin, Pierre Larrouturou, tel un électron libre, propose une solution tout à fait différente de ses camarades. En effet, le signataire de Nouvelle Gauche voudrait que l’Europe dispose d’une fiscalité propre : "impôt sur les bénéfices, écotaxe ou taxe Tobin améliorée, un impôt voté par le Parlement européen financerait la défense, la diplomatie, la recherche, la politique agricole, les fonds structurels et l’aide aux nouveaux adhérents."

La politique industrielle européenne est un enjeu majeur de l'Union Européenne et les socialistes ne se sont pas trompés. Bertrand Delanoë estime que l’Europe a "vocation à mieux mobiliser et coordonner des programmes de recherche sur le développement durable et ses applications industrielles. Elle devrait d’ailleurs se doter d’une véritable politique industrielle pour conquérir ces marchés." Ségolène Royal est dans la ligne droite du maire de Paris en souhaitant "relancer l’Europe des grands projets, pour surmonter les défis du futur et affronter les crises du présent. L’Europe doit prouver à tous qu’elle peut changer positivement la vie de ses citoyens. Nous devons créer les infrastructures transeuropéennes dont nous avons tant besoin, en matière de numérique, d’énergie ou de recherche." Laurent Fabius pointe l'absolu nécessité pour l'Europe de constituer des "champions continentaux, [de] soutenir les entreprises européennes et [de] miser sur l’indépendance énergétique européenne. Il s'agira aussi d’adapter le droit européen de la concurrence et des OPA en faveur de la maîtrise des centres de décision économique considérés comme stratégiques." Géraud Guibert souhaite "mettre en place, au niveau national et européen, une véritable politique industrielle pour les produits et technologies propres, qui peuvent et doivent devenir une source majeure de création de richesses et d’emplois." Marie-Noëlle Lienemann veut "une politique industrielle offensive soutenue par une politique monétaire favorable permettant de rattraper les retards technologiques et évitant les délocalisations intra et extra européennes." Enfin, Marylise Lebranchu développe certainement l'idée la plus aboutie sur la politique industrielle européenne : "l’Europe doit développer une politique industrielle de très haut niveau. La Commission européenne s’est enfermée, au nom de la « stratégie de Lisbonne », dans une doctrine théorique et stérile. Elle brandit l’objectif des 3 % de PIB à consacrer à la recherche, et incite au développement du tertiaire au détriment de l’industrie, mais elle oublie que c’est l’industrie, à 85 %, qui mobilise la R&D, et non les services ! Elle veut libéraliser les marchés de l’énergie ou du transport, mais la concentration du capital dans ces secteurs ne créera pas de richesse nouvelle."

Les contributions détaillent plus spécifiquement certaines politiques industrielles. Notamment l'énergie, une vieille idée du traité de Rome de 1957 (Euratom) qui était tombé à l'eau à cause du Général de Gaulle. Nombreux sont les socialistes (Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius) qui souhaitent voir la création d'une communauté européenne de l'énergie. Géraud Guibert et Marie-Noëlle Lienemann appellent à la généralisation d'une taxe carbone. "A l'échelle européenne" pour la contribution Pour socialisme écologique et à "l'échelle mondiale" pour la contribution Changer!.

La recherche fait partie des politique industrielle que les Socialistes veulent voir mettre en oeuvre. Martine Aubry se veut directive car "en matière de recherche comme d’infrastructures, l’Europe doit prendre toute sa place." Laurent Fabius explicite l'idée de "Coopération européenne pour la recherche et l’innovation (CERI) qui permettra, en utilisant le mécanisme des "coopérations renforcées", de mutualiser les moyens, de développer des grands projets et de créer un espace européen unique pour les chercheurs." financé par de  "grands emprunts par la Banque Européenne d’Investissement (BEI)." Gérard Collomb propose "dans l'optique de la stratégie de Lisbonne qui a pris tant de retard, il nous faut donc militer auprès des institutions communautaires pour un renforcement prioritaire des programmes de recherche et développement, en liaison avec les pôles de compétitivité."Benoit Hamon s'intéresse avant tout à l'élaboration de la CERI "sur le modèle de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), qui impulserait de nouveaux projets (énergie, nouvelles technologies, transport). La priorité donnée à la formation et à la recherche doit se matérialiser par la dotation, notamment aux universités publiques, des moyens nécessaires à leur développement international."

Géraud Guibert, premier signataire de Pour un socialisme écologique est le seul à proposer un "programme européen de reconquête environnementale" Selon cette contribution, "il s’agit, en particulier, de lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité, réduire de façon drastique la production de déchets (déchets ménagers, déchets industriels banals et dangereux), lutter contre les émissions de polluants locaux de l’air et de l’atmosphère, et reconquérir la qualité de l’eau et à préserver la ressource."

Le même Géraud Guibert, premier signataire de Pour un socialisme écologique propose une "réorientation de la politique agricole vers des produits de qualité et des pratiques conformes à la protection de l'environnement". Et il continue en prônant que "le contrôle de l'accès aux ressources alimentaires doit aussi comprendre l'interdiction de brevetabilité du vivant qui constitue un bien inaliénable de l'ensemble des êtres humains". Marylise Lebranchu exige que "la France doit retrouver sa place de « grenier de l’Europe », tout en prenant en considération les exigences nouvelles des marchés en ce qui concerne la qualité sanitaire et gustative des produits alimentaires."

Posté par abadinte à 08:20 - Parti Socialiste - Commentaires [0] - Permalien [#]
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