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04 septembre 2008

Benoit Hamon propose six points pour faire motion

Dans une lettre adressée aux signataires de Reconquêtes et de Changer, la contribution de Marie-Noëlle Lienemann défendue ici par Matthieu Vittu; Benoit Hamon propose six points sur lesquels il doit y avoir accord pour monter une motion commune.

Afin de répondre clairement à Benoit Hamon, je répondrai en vert en dessous de chaque point.


1. La maison commune de la Gauche : une nouvelle étape de l’unité

Nous proposons de construire un grand parti de la gauche, à la fois social, écologiste, laïque et populaire qui se fixe pour objectif de fédérer et dépasser les organisations existantes. Cette maison commune doit devenir l’instrument de la reconquête de la confiance des classes populaires et le moteur d’une nouvelle alliance de la gauche.
Nous n’avons pas d’ennemi à gauche. La reconquête du pouvoir en 2012 ne peut passer que par un processus politique aboutissant à l’union exclusive de toutes les forces de gauche aspirant à prendre des responsabilités gouvernementales. Dans cette perspective, nous pensons que la clarté des alliances est indispensable et excluons toute alliance avec le centre et le MODEM.

Je suis d'accord avec ce premier point. Mais il y a au moins deux points qu'il est nécessaire de préciser :
- construire un grand parti de la gauche ne veut pas dire obligatoirement imposer la fusion à nos alliés mais couvrir le plus large spectre idéologique de la gauche.
- l'exclusion de toute alliance avec le centre et le MODEM me semble prématuré. Le but est de prouver aux électeurs MODEM que la gauche et plus précisément le Parti Socialiste est capable de comprendre les besoins et désirs des électeurs. Ce sont ses électeurs et non ses leaders qu'il faudra draguer.

2. Un nouveau pacte Européen
Les peuples se détournent de l'Europe : après les « non » français et hollandais de 2005, le « non » irlandais en témoigne à nouveau. La crise européenne c’est avant tout l’échec d’une orientation idéologique, fondée sur le « tout marché » et ses corollaires, la dérégulation généralisée et le démantèlement des modèles sociaux protecteurs. Les citoyens européens aspirent à une réorientation profonde de la construction communautaire. Le rôle de la gauche, c’est de proposer aujourd’hui un pacte pour la prospérité et le progrès social.
Initié par un premier groupe de pays volontaires, ce pacte doit promouvoir :
· Une politique industrielle offensive soutenue par une politique monétaire favorable
· L’arrêt des politiques de dérégulation, en particulier dans les services publics
· Un plan d’investissement et de croissance Européen basé sur l’emprunt
· Une défense européenne indépendante, autonome par rapport à l’OTAN.
· Une politique énergétique capable d’assurer la sécurité, la diversité et l’indépendance énergétique de l’Union.
· Une fiscalité redistributive clairement assumée.

Je ne suis pas d'accord. Certainement un point d'achoppement entre Benoit Hamon et moi... Je pense qu'on ne peut mettre en place ces 6 points sans avoir des Institutions Européennes qui permettent d'avoir :
- un ministre des affaires étrangères chargé de la défense européenne,
- un ministre de l'économie et du social chargé des politiques industrielles, fiscales et sociales,
- un président de l'Union Européenne chargé de veiller à la destinée de l'Europe.
Néanmoins, je ne pense pas que ce point soit insurmontable !

3. Redistribuer les richesses
Un rééquilibrage volontariste entre les revenus du travail et du capital est nécessaire. Le soutien au pouvoir d’achat des Français, surtout des moins favorisés, suppose d’améliorer la composante centrale de leur revenu, le salaire. Le renforcement de l’investissement, en particulier public, et la relance de la politique industrielle, sont les autres facteurs indispensables au retour à une croissance solide, pérenne et juste.

Je vois mal comment je pourrais dire non !

4. Mieux nous protéger
Le libre-échange généralisé menace à terme tant notre modèle social que l’environnement. Les pays les plus fragiles en sont les premières victimes. L’Europe subit elle aussi les effets d’une libéralisation à outrance qu’elle ne cesse pourtant de préconiser ! Il est temps de remettre en cause les règles qui régissent aujourd’hui les négociations commerciales multilatérales et d’imaginer de nouvelles protections.
Car protéger n’est pas fermer. Nous proposons d’agir avec pragmatisme comme tous nos grands partenaires et rivaux commerciaux. Là où le libre échange accélère la prédation de certaines activités économiques sur notre environnement, là où il encourage le dumping social et fiscal, il doit être soumis à des restrictions.

Si Benoit Hamon reste dans les lignes de mon appel pour un nouveau protectionnisme, nous pouvons être d'accord.

5. Affirmer le rôle économique de la puissance publique
Aux Etats-Unis l’administration fédérale n’hésite pas à intervenir directement dans la vie économique afin de préserver ses intérêts, parfois en prenant le contrôle d’organismes financiers de premier plan. Ailleurs, les limites du système libéral sont mises en évidence et conduisent logiquement à des réponses fondées sur l’intervention de la puissance publique. Dès lors, pour quelle raison, ce qui relève du bon sens ailleurs dans le monde se réduirait en Europe et en France à un archaïsme ?
Redonner à la puissance publique les moyens d’agir passera par :
· une profonde réforme fiscale, visant à rendre l’impôt plus juste tout en améliorant son rendement, et comprenant notamment une imposition totalement progressive sur le revenu et une taxation assumée du capital financier.
· Son implication, directe et indirecte, dans la définition d’une stratégie industrielle et du contrôle, au moins partiel, d’une partie des moyens de production et des outils de crédit. La préservation et le développement des services publics, ainsi que l’invention de nouveaux modes de socialisation sont des enjeux majeurs.
· Le droit retrouvé de fixer certains prix, pour contrecarrer les spéculations. L’Etat ne peut enfin abandonner le respect des conditions de travail à la seule relation contractuelle entre le salarié et l’employeur, mais doit assumer son rôle de protection des salariés.

Je suis dubitatif. A vrai dire je ne m'appelle pas Nicolas Sarkozy, je ne suis pas fiscaliste et donc je ne sais pas quoi penser de l'impôt 100% progressif. C'est certainement l'impot le plus équitable. Quant aux établissements publics de crédit ( controle au moins partiel des outils de crédit) et aux établissements publics de production (usine nationalisées), j'emets des réserves. Quand? Comment? Pourquoi? Quelle durée? Ca mérite des éclaircissements (voire un abandon !). Pour la fixation des prix (comme les loyers, le pain, les fruits et légumes) sont certainement nécessaires dans une situation de baisse drastique du pouvoir d'achat des Français. Mais attention, ce ne peut être une solution durable (les prix sont fait pour fluctuer et il y aura toujours un moyen pour passer outre cette mesure)

6. Une politique étrangère progressiste
En matière de politique étrangère, il y a bien une différence entre la droite et la gauche. Les progressistes prennent en compte l’émergence de nouvelles puissances. Ils souhaitent contribuer à l’avènement d’un nouveau multilatéralisme, aux antipodes de l’unilatéralisme actuel, au service de la seule puissance américaine. C’est la raison pour laquelle nous refusons l’alignement de la France sur les positions de l’OTAN.
Nous refusons également d’adhérer à la théorie du choc des civilisations. Celle-ci est utilisée aujourd’hui pour justifier le droit du plus fort et le recours à la force. Le fiasco meurtrier de l’intervention en Irak, l’enlisement en Afghanistan, illustrent l’impasse d’une telle doctrine. Dans le même ordre d’idées, nous devons nous interroger sur le concept de droit d’ingérence, devenu prétexte aux aventures militaires et politiques.

Bon, je vois mal comment on pourrait être en désaccord.

Et vous alors? Seriez-vous prêt à rejoindre Benoit Hamon?

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Posté par abadinte à 22:49 - Parti Socialiste - Permalien [#]
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