30 septembre 2008
Changer à gauche pour changer l'Europe
S'il y a un point nécessairement important dans une motion rassemblant des personnes s'étant opposé en 2005 sur la stratégie européenne soit la motion E de Gérard Collomb (OUI) et Vincent Peillon (NON) et la motion D de Martine Aubry (OUI) et Laurent Fabius (NON), c'est la vision de l'Europe. Ce qui m'a fait signer pour la contribution de Martine Aubry, c'est la densité de son discours sur l'Europe. Discours qui est un modèle de ce que nous devrons faire pendant la campagne de 2009. Le texte sur l'Europe tiré de la motion D n'est malheureusement qu'un condensé de la contribution de Martine Aubry mais de bonne facture.
Si nous avons pu diverger sur des choix européens, ce n’est pas au nom de conceptions divergentes de l'Europe, mais sur une appréciation différente de la stratégie à adopter pour la bâtir. La suite des événements a pu confirmer les uns et les autres dans leur approche. Mais nous partageons tous l’analyse des dérives actuelles de l’Europe libérale et de la nécessité de la réorienter.
Il faut revenir sur les difficultés actuelles de l’UE.Les progrès réalisés dans les 30 premières années étaient fondés sur un consensus politique fort et implicite entre les Etats membres, autour de l’idée d’«économie sociale de marché», un mélange de régulation et de libéralisation, de confiance dans l’action publique et dans l’initiative individuelle. Ce consensus n’existe plus dans l’Union à 27.Pour beaucoup,la concurrence libre et non-faussée semble être devenue un objectif dominant.
Ce malaise a été aggravé par les difficultés économiques d’une grande partie de l’Union. La monnaie unique a contribué à unifier plus étroitement la zone Euro, mais a eu également des effets négatifs. La hausse des prix est une réalité. L’euro est trop cher et pénalise notre activité. Sans coordination des politiques budgétaires, il n’est pas possible d’assurer le pilotage macro-économique au niveau de l’Union avec un budget communautaire représentant seulement 1% du PIB total.
La politique de la concurrence est maintenant parfois plus exacerbée en Europe qu’aux Etats-Unis. Il y a de nombreux exemples d’entreprises européennes gênées dans leur développement et de services publics fragilisés par l’application dogmatique des règles de concurrence.
Commentaires
Oula !
Ne tombons pas dans les accusations faciles et trompeuses et qui sont contredit par les exemples US, de la Grande Bretagne ou du Japon
Le manque de coordination des politiques budgétaires n'est pas responsable de la hausse de prix, car justement, c'est l'euro élevé qui protège de cette hausse des prix toujours due (même si pas forcement encore pour longtemps) au cout des matières premières. Peut-être faudra-il revoir ça dans quelques mois, mais en attendant faisons confiance à l'Europe (qui s'en sort pas si mal).
La critique consistant à accuser le manque d'action des gouvernements sur la gouvernance de la monnaie européenne m'agace un peu. Je trouve normal que les gouvernements n'ait pas un levier sous leurs bureaux pour modifier, lorsque ça les chante, les taux directeurs : "pouf, j'ai besoin qu'on m'aime, les élections arrivent alors je baisse les taux..."
Vive cette indépendance ! Et puis cet argument "Sarkoziste" (et oui !) qui consiste à attribuer tous les problèmes économiques, le chômage aux institutions européennes est clairement abusé.
La France souffre du manque d'innovation, de sa politique d'épargne, du faible taux de formation professionnelle, de l'inertie dans les politiques de l'emploi, d'un syndicalisme TROP faible, d'une employabilité des séniors dérisoire, etc. PAS DE L'EUROPE !
Si les US connaissent une croissance globalement enviable (sur les 10 dernières années) de ce coté de l'atlantique, c'est en parti parce qu'ils ont développé des outils de productivité adéquates et non parce qu'ils utilisent la dévaluation compétitive.
Mais bon, c'est plus facile de jeter la faute sur des institutions que l'on ne contrôle pas :-/
Sondage
Je sais que ce n'est pas d'une importance capitale mais les « militants » de la motion E se sont donnés le mots pour voter pour un sondage sur ce site:
http://www.jeune-garde87.org/2008/09/24/congres-socialiste-les-des-sont-jetes
Alors inversons la tendance!
Effectivement.
Je soutiens moi aussi la motion D (même si le site CAGCLF ne m'a pas encore mis en lien, snif, et n'a d'ailleurs toujours pas pris en compte ma signature...)
Sur la concurrence, il y a également une différence de nature, c'est à dire que aux USA ils étudient aussi l'impact sur le consommateur. Lorsqu'une situation oligopolistique est meilleure pour les prix (investissements lourds, donc économies d'échelles), cela entre en jeu.
En Europe la concurrence est observée en elle-même, et donc parfois est plus intransigeante.

