05 octobre 2008
Faut-il renvoyer Jean-Marc Rouillan d'Action Directe en prison?
L'assassin de Georges Besse et leader d'Action Directe, Jean-Marc Rouillan, est mis en régime de semi-liberté en décembre 2007. Bien portant contrairement à sa femme Nathalie Ménigon, Rouillan décide de soutenir la démarche d'Olivier Besancenot de créer un nouveau parti anticapitaliste. Le révolutionnaire accorde une interview et voici la question et sa réponse qui auront fait couler beaucoup d'encre!
L'EXPRESS : Dans Le Monde, Françoise Besse, la veuve de Georges Besse, a évoqué à votre propos un "honteux recrutement". Regrettez-vous les actes d'Action directe, notamment cet assassinat?
Jean-Marc Rouillan : Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique.
S'exprime-t-il sur l'affaire en elle-même? Appelle-t-il au meurtre? Va-t-il violer des enfants? Non. Faut-il le mettre en prison? A vous d'y répondre. Moi j'ai la réponse.
Commentaires
Rouillan
Il aurait surtout jamais du en sortir...
Pas de compromission avec le terrorisme
Qu'il aille en prison ou non, c'est à la justice de regarder et faire son travail. Besancenot est naïf s'il croit qu'on va manifester pour ça.
Je ne supporte pas qu'on laisse la droite associer la gauche avec le laxisme et la compréhension pour les criminels. Les évènements de la Gare du Nord en 2007 nous ont coûté des points importants parce que devant le terrorisme de l'extrême gauche on faiblit devant le vrai terrorisme.
La position de Besancenot est illisible. Inaudible pour l'opinion. Il l'a compris car maintenant il n'en parle quasiment plus.
Qu'est ce que Rouillan a fait pour les travailleurs ? Rien. Sa cause devrait rester dans la rubrique des faits divers. Ce n'est pas digne de la politique.
Delanoë l'a dit ce soir sur RTL. Lui est clair sur sa condamnation du terrorisme dans sa motion. Les autres motions n'en parlent même pas, même si elles pensent sans doute pareil. C'est néanmoins une différence notable.
Aiglon, trouves-tu que ce que Rouillan a dit est répréhensible?
Mais si Beber trouve qu'il faut laisser des types ad vitam eternam en prison, je pense qu'il fait un mauvais leader de gauche.
Non
Sur les propos que tu cites, ca ne mérite pas la prison. Mais je ne me substitue pas aux juges, toi tu veux faire pression sur eux parce que ce serait une justice politique. Pour moi ce n'est pas de la politique.
Pour Bertrand, il n'a pas dit celà, il n'a pas évoqué le cas de Rouillan, mais il faisait la différence entre lui et ceux qui courtisent l'extrême gauche (Aubry et même Royal) sur ce point précis. Il condamne le terrorisme (politique ou non). Tu es pour ? Non, je ne crois pas.
Franchement Rouillan représente une cause difficile à défendre. Avec un passif comme le sien, il ferait mieux de peser ses mots. Un peu comme Le Pen.
Il est en liberté conditionnelle, il doit respecter les conditions, autrement dit se tenir à carreau.
Dans cette interview il dit en gros "je n'ai pas le droit de vous dire que je n'ai aucun regret, mais je n'en pense pas moins"
C'est normal qu'il retourne en prison, il respecte pas les conditions…
Les gens d'AD faisaient de la politique, mais d'une façon qui a été condamnée par l'évolution des moeurs dans les années 1980. Ils étaient décalés mais faisaient bien de la politique. Rouillan ne mérite pas de retourner en prison car là il s'agit de répréssion bête et méchante, et la droite y est pour quelque chose. Qu'on le laisse tranquille, surtout pour le meurtre d'un licencieur comme Georges Besse: il a purgé plus de 20 ans, non ?
J'ai plutôt l'impression qu'il dit : si je n'ai pas le droit de parler c'est qu'il y a une raison donc mon silence est déjà une réponse.
Par ailleurs, je n'ai pas souvenir d'avoir entendu Aubry, Hamon ou Royal courtiser l'extrême-gauche. Mais peut-être que tu as des faits que je n'ai pas.
Non Julien, Rouillan ne faisait pas de politique mais du terrorisme mortel. Il n'a pas purgé sa peine, il était en semi-liberté. Là où je suis choqué, c'est que je n'ai pas l'impression qu'il brave son interdit de parler de l'affaire Besse.
"Les gens d'AD faisaient de la politique, mais d'une façon qui a été condamnée par l'évolution des moeurs dans les années 1980."
Quitte à prendre un point Goldwin...
Les nazis faisaient de la politique, mais d'une façon qui a été condamnée par l'évolution des moeurs dans les années 1940.
Quelles conneries oui !
Oui, je suis étonné par le discours d'Aiglon, pour le coup.
Venir tenter d'instrumentaliser un post sur Action Directe avec des considérations du congrès du PS, c'est assez consternant.
Quand à Rouillan, ma foi, ce n'est pas comme si cet entretien marquait une inflexion surprenante de son discours. Aucun membre d'AD n'a jamais fait de repentir, le Juge d'Application des Peines le savait pertinemment en lui accordant un régime de semi-liberté il y a quelques mois.
La décision de retirer cette semi-liberté est donc d'un caractère éminemment politique, et en rien judiciaire.
Après, ceci dit, le devenir de Rouillan m'indiffère assez.
Point Godwin Laurent ! Mais tu as totalement raison ;-)
La question des alliances
Florent,
C'est la question des alliances qui amène le lien avec Rouillan. La question qui était posée à Delanoë hier sur RTL était : "Martine Aubry dit pouvoir faire alliance avec Besancenot, Ségolène Royal via ses affidés (Julien Dray) évoque une alliance arc-en-ciel, Hamon n'a aucun souci pour travailler avec eux et vous ?".
Bertrand a répondu - en substance - qu'on était en phase de congrès, qu'il était de bon ton de se montrer bien à gauche, gauche. Mais que lui n'oubliait pas les différences qu'il y a avec la LCR sur au moins deux points : le refus de gouverner et le combat contre le terrorisme.
Il a affirmé sa fierté d'être un réformiste, "soldat de la liberté, héritier des lumières, etc je vous la fais courte", comparée à l'EG qui n'a jamais fait que manifester.
Donc je trouve ça plutôt courageux de ne pas tomber dans le surmoi marxiste. Et si ca veut dire être à droite de la gauche, on s'en tape. Les procès "en plus à gauche que moi tu meurs" et les "tepadgoche", je laisse ça aux ados boutonneux du forum socialiste.
Pour ma part lire ici, qu'on doit laisser tranquille un assassin parce que la victime est un pourri, sous-entendu avoir assassiné un "licencieur" comme Besse, ca peut se comprendre, ca me hérisse. Et toi tu laisses dire.
Aiglon, ça fait longtemps que j'ai abandonné avec Julien Tolédano. Même les amis de Ségolène Royal ont abandonné. Que veux-tu? La meilleure façon de se débarrasser d'un type pareil c'est de ne surtout pas l'exister car tel un troll il reviendrait à l'attaque.
Sinon, je me demande bien où Martine Aubry dit pouvoir faire alliance avec Besancenot et quels sont les termes exacts utilisés.
Genèse
Abadinte,
De dire que Jean-Marc Rouillan ne faisait pas de politique prouve ton ignorance crasse de l'histoire politique contemporaine. Je t'absous, c'est normal...
Plus sérieusement, dire d'Action Directe que ce n'était que du terrorisme est vrai d'un point de vue technique mais faux du point de vue de la genèse du mouvement.
Ce que tu peux faire pour t'instruire, Mike, c'est par exemple lire la notice consacrée à ce mouvement et voir d'où il vient (tu verras: Action Directe provient d'autres mouvements antérieurs et l'action terroriste suit une logique qui à l'époque était politique: qu'on ne comprend plus a20 ans plus tard mais c'est un autre problème:http://fr.wikipedia.org/wiki/Action_directe
le glaive
JM Rouillan était sous-traitait des assassinats pour les Iraniens. Il était plus ou moins manipulés par les services secrets, ce n'étaient malheureusement que des pantins, regardez ce qui s'est passé avec Aldo Moro et les brigades rouges italiennes, elle totalement infiltrées par les services secrets italien et le réseau gladio, lesquels services ont supervisé l'enlèvement, la séquestration et l'assassinat, tuant ainsi l'union de la gauche italienne.
Action Directe était un épouvantail, une bouffonnerie, un rideau de fumée.
Aiglon, en général, je prends la peine de relever ce qui mérite de l'être. Donc les élucubrations romantiques sur le terrorisme d'extrême-gauche, je ne relève pas. Comme toi, j'ai passé l'âge, et, comme toi, je suis beaucoup trop rocardien pour avoir une quelconque complaisance avec les errements révolutionnaires.
Maintenant, concernant la LCR, il serait sans doute bon de raison garder un tant soit peu. Ca fait quand même un bon paquet d'années que le "R" est là pour faire joli, et d'ailleurs ils sont en train de s'en débarasser, ce n'est pas très vendeur.
Comme Abadinte, je reste curieux de cette improbable affirmation sur Aubry prête à "faire alliance avec Besancenot". Que je sache, même le camarade sénateur Méluche, autrement plus gauchisant, ne le revendique pas, donc j'ai comme un léger doute sur le fait que Titine le fasse...
Donc, bon, on sait, Bertrand est super, tu le soutiens ce qui est un choix tout à fait estimable, mais franchement, là, l'argument est quand même très léger.
PS : un billet intéressant sur la question de la part d'un camarade en rocardie par ici :
http://romainblachier.typepad.fr/mon_weblog/2008/10/de-lincoh%C3%A9rence-r%C3%A9volutionnaire.html
Julien, non, AD ce n'étaient pas des héros révolutionnaires et romantiques.
Braquages de banques, meurtres de salariés (policiers, convoyeurs de fonds), j'ai du mal à voir une quelconque légitimité à l'expropriation prolétarienne.
Ca m'a toujours plus évoqué Jesse James dans Lucky Luke... Une rationalisation d'actes inexcusables

