Blog d'un jeune social-démocrate ouvert sur le monde

Blog d'un social-démocrate vivant à Paris.

27 janvier 2010

Discours d'Hilary Clinton sur les libertés d'Internet

La semaine dernière, j'étais invité par Vincent Ducrey à l'ambassade des Etats-Unis pour suivre le discours d'Hilary Clinton sur les libertés sur Internet. Afin de ne rien vous cacher, Vincent Ducrey était dans l'équipe chargée de la communication sur le web de Nicolas Sarkozy pendant les présidentielles et qui depuis a rejoint l'équipe web du gouvernement. C'est donc ainsi que j'ai suivi le discours d'Hilary Clinton aux côtés de l'attachée culturel de l'Ambassade et de ses collaborateurs.

Le discours d'Hilary Clinton était prévu de longue date. Mais les derniers rebondissements de l'affaire entre Google et la Chine en ont fait un événement d'importance. Comme vous vous en doutez, la Secrétaire d'Etat a pris la défense de Google contre la Chine qu'elle a qualifié de pays où la liberté de la presse recule. Notons que les Etats-Unis montrent du doigt la Chine bien entendu mais aussi la Tunisie, l'Ouzbekistan, le Viêt-Nam, l'Arabie Saoudite, l'Iran et l'Egytpe. La liste pourrait paraître étonnante pour un Français. L'Ouzbekistan et le Viêt-Nam ne sont pas connus en France pour leur censure d'Internet. L'Egypte connait des reculs mais on s'attache surtout à celles pratiquées sur les minorités religieuses, opposition politique et orientation sexuelle. La Tunisie, par contre, a suscité l'étonnement de l'assemblée. Pourtant, Taoufik Ben Brick qui a écrit un texte contre le dictateur Ben Ali, est aujourd'hui en prison à vie. L'association Re-So dont je fais partie en a fait un de ses cheval de bataille (rassemblement pour la liberté de la presse, Ben Ali 20 ans de désinformation, concert de soutien à Taoufik Ben Brick), mes coups de gueule sur la Tunisie n'y sont pas étrangers non plus.

Mais ce discours annonce aussi un virage dans la politique étrangère de l'administration Obama. Si avant l'investiture de Barack Obama, les problèmes de ce type était réglé par la force, aujourd'hui Obama veut permettre par le réseau Internet de donner la possibilité de protéger les Droits de l'Homme jusqu'aux frontières digitales. L'objectif de l'administration Obama est de trouver les moyens pour l'information circule plus librement afin de casser les barrières de la censure qu'imposent les pays suscités (et d'autres mais j'y reviendrai plus tard). Afin de garantir cette liberté d'expression et afin qu'elle ne soit pas utilisée à des fins criminelles, les Etats-Unis et la Communauté Internationale doivent se doter d'outils pour se protéger des cyber-attaques (les mafias de Lefebvre) et autres maladies sociales (la pédopornographie de NKM, Lefebvre & co.) qui rongent le web. C'est pourquoi l'administration Obama soutiendra financièrement les innovations technologiques qui permettront aux citoyens leur droit d'expression. Un fonds est mis en place afin que les entreprises privées puissent développer ses outils dans l'ensemble des langues afin de toucher le plus de monde possible. Bref, l'administration Obama ne veut plus faire la guerre pour faire tomber les dictateurs mais donner les outils de la contestation afin d'obtenir un renversement démocratique. Et la lutte pour la démocratie n'est pas la seule motivation. "Nous voulons mettre ces outils dans les mains des personnes qui l'utiliseront pour faire avancer la democracie et les Droits de l'Homme, pour combattre le changement climatique et les épidémies, pour construire un soutien mondial au Président Obama dans son objectif d'un monde sans armes nucléaires, pour encourager l'économie du développement durable qui tirent les hommes vers le haut". Hilary Rodham Clinton, Remarks on Internet Freedom.

S'il y a quelque chose qu'il faut retenir dans les non-dits du discours d'Hilary Clinton, c'est qu'il était en direction des pays en développement ayant justement ces difficultés avec les libertés sur Internet. L'absence de la Russie malgré Anna Politkovskaia assassinée et de l'Italie malgré la nouvelle loi votée quelques jours avant le discours de Clinton sur la censure sur Internet restent des points noirs de ce discours. En effet, comment parler des libertés sur Internet sans mentionner la Russie tellement connue pour sa politique de terreur envers les journalistes? Et surtout comment omettre une loi qui réduit les libertés publiques en Italie à peau de chagrin afin de museler l'opposition ? Comme du temps de l'Ancien Régime, l'Italie impose un bureau de la censure où les auteurs de vidéos devront d'abord obtenir l'aval du ministère de la censure italienne (le CSA italien) se chargera d'acceder ou non à la demande de diffusion. Berlusconi, dirigeant en quasi-monopole de la télévision s'arroge ainsi le droit de choisir les vidéos diffusés sur le web italien. Mais ça Hilary Rodham Clinton n'en a pas parlé. Et c'est bien dommage!

Les commentaires sont désactivés, vous pouvez désormais commenter cet article sur mon nouveau blog

Posté par abadinte à 16:04 - Le monde géopolitique - Permalien [#]
Partager sur Facebook
Votez pour cet article
 
>