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02 mars 2010

Twitter et politique : un mode d'emploi

Avant d'expliquer le mode d'emploi pour un politique d'utiliser Twitter, si tu ne sais pas ce que c'est cher lecteur, je te conseille de faire un tour sur ce billet puis de revenir lire celui-ci.

Comment utiliser Twitter ? Voilà une question qui taraude tous les politiques ayant un minimum envie de se faire connaître nationalement voire localement par un outil facile d'utilisation où ils peuvent retrouver leur cœur de cible... les journalistes. Car il est faux de croire - aujourd'hui - qu'en allant sur Twitter le politique rencontrera son électorat. Il retrouvera avant tout les intermédiaires qui diffuseront l'information soit les journalistes et tous les apparentés journalistes (personnes qui rendent compte au quotidien de l'actualité) : les blogueurs, les militants politiques mais aussi les drogués de l'info qui sont les premiers à retransmettre l'information aux autres. C'est donc pour le politique une agora de choix. Il est en contact avec les meilleurs intermédiaires qui existent.

Bien entendu, l'homme politique n'a pas toute sa vie à consacrer à Twitter qui est un outil plutôt prenant et qui pourrait lui faire perdre de vue son mandat électoral. Alors il doit faire des concessions. D'abord la fréquence d'utilisation. Faut-il twitter beaucoup quitte à arriver à l'overdose ou twitter peu mais bien quitte à tomber dans l'oubli. François Bayrou par exemple se fait rare. Il n'a plus twitté depuis le 7 novembre 2008 pour "prendre personnellement en main les clefs de cet outil" tandis qu'Anne Hidalgo l'utilise quotidiennement. Campagne électorale oblige. L'entre-deux est important. Il faut savoir communiquer au plus près sans pour autant être tout le temps présent. Il faut savoir interagir sans pour autant tout le temps faire ça. Bref, il faut l'utiliser de façon pondérer dans le temps suivant l'actualité.

Ca m'amène justement au deuxième point qu'il faut traiter. Si le politique utilise Twitter, comment va-t-il l'utiliser? Faire suivre les communiqués de presse comme le fait le stagiaire de Frédéric Lefebvre ou les articles qui parlent de nous comme celui de Ségolène Royal, c'est un peu juste. Etaler ses états d'âme ou montrer son côté plus humain sur Twitter est intéressant mais... casse gueule. Pierre Moscovici s'en est vite rendu compte et a filé le joujou à ceux qui savent l'utiliser. Benoît Hamon écrit de moins en moins malgré sa candidature aux régionales mais lorsqu'il est connecté, il répond du tac-o-tac. Jean-Pierre Chevênement a trouvé un équilibre certain entre la reprise de son blog, les retweet d'information qui l'intéressent et de petits dialogues avec des utilisateurs de twitter. NKM fait de même mais est plus absente ses derniers temps. Campagne oblige? Gérard Filoche, lui, est connecté quotidiennement et écrit plusieurs tweets dans la journée pour commenter l'actualité. On tombe alors sur de vrais dialogues. Notons que Filoche n'a aucun mandat. Il faut bien entendu de tout : informer, dialoguer, reprendre l'information sur le politique, re-tweeter l'information émanant d'une autre personne, commenter les événements et faire de la relation presse...

Ce qui m'amène au dernier point. La relation presse, ce sont souvent les conseillers ou assistants parlementaires qui la font. Rarement le politique lui-même. Alors faut-il enlever à l'assistant cette prérogative? La réponse est non. On peut utiliser un compte Twitter à plusieurs. Le politique souvent n'est pas technophile, l'assistant lui si. Alors plusieurs schémas peuvent apparaitre : le politique et ses conseillers, l'assistant seul, le politique seul, l'indépendant, l'agence de conseil.
D'abord éliminons le dernier. L'agence de conseil ne permet pas de retranscrire l'idée générale du politique sauf à considérer qu'il ne fait qu'une revue de presse. Alors l'agence de presse est utile. L'indépendant est une solution facile. Un contrat sur une durée limitée, c'est un moyen qui peut être utilisé à l'essai quitte par la suite à transformer l'indépendant en salarié ou pour la durée d'une campagne. Mais c'est une situation précaire qui pourrait être fait par un militant par ailleurs. L'assistant seul pourrait s'en occuper. Là encore, il faut qu'il soit familier avec l'outil et qu'il soit proche du politique pour bien retranscrire ses propos. Le politique pourrait le faire lui-même mais il n'aurait peut-être pas les armes pour l'utiliser et les dialogues risqueraient de le faire quitter de son action. Dernière solution, le mixte entre le conseiller et le politique. Là on arrive à une solution hybride qui permet à la fois au politique d'être concentré sur son action, suivre ce qui se passe auprès du corps intermédiaire et faire passer l'information.
Une solution de rechange, si vous souhaitez avoir une stratégie sur le web, c'est de prendre un conseiller extérieur qui va vous former à Twitter (mais aussi aux autres). D'ailleurs, ça tombe bien parce que je cherche du boulot et que je m'y connais en réseaux sociaux et en politique. En haut à gauche de cette page, tu peux me contacter cher politique.

P.S. : tu es patron de boîte et toi aussi tu veux utiliser Twitter, je  connais bien le monde de l'entreprise aussi.

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Posté par abadinte à 13:24 - Internet - Permalien [#]
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