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11 juin 2010

La société du Care ou le souci de l'autre de Martine Aubry

L'idée de la société du Care a été lancé en avril dernier par Martine Aubry. Depuis lors la société phosphore à propos de cette nouvelle société qui tient tant à coeur à Martine Aubry. Si pour les uns, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, la société du Care sert "à enfermer les femmes dans les tâches subalternes du soin et de l'assistance", comme pour Manuel Valls "une erreur profonde qui constitue même un recul pour la gauche et pour le pays car l'individu n'est ni malade ni en demande de soins", ou comme Jean-Michel Apathie qui ne voit que "nunucherie", d'autres voient une véritable révolution dans cette nouvelle société.

Geneviève Decrop, sociologue, donne son point de vue aussi sur le "care". Ce qui est fondamental dans le "care" c'est que c'est "une invitation au souci de soi, de l'autre et du monde". Comme la compétition repose sur le "struggle for life", le care repose sur le fait que "la vulnérabilité, jusque et y compris dans la plénitude de la maturité, fait partie de notre condition humaine".

Pour Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès dont je vous conseille les publications, l'idée du "care" c'est que "la crise de confiance qui traverse notre pays est une crise du lien social et de la réciprocité." L'objectif n'est pas de remplacer l'Etat social aujourd'hui mais de compléter ses défaillances qui se sont aggravés sous l'ère chiraco-sarkozyste qui se tourne vers le plus grand nombre des Français qui souffrent de la crise en leur assénant un sec I don't care ou "casse-toi pov'con".

Camille Peugny, sociologue, explique dans Alternatives Economiques que "l'éthique du care a le mérite d’attirer notre attention sur le risque d’une polarisation sur le marché du travail, entre les “gagnants” de la mondialisation qui développent leurs compétences et libèrent leur capacité d’action et les professionnels du soin sur lesquels ils se reposent (avec l’aide de l’Etat, sous formes d’une multiplicité d’aides fiscales), sans que la société ne leur accorde un statut à la hauteur de leur réelle importance sociale." Le Care serait donc un moyen pour donner aux secteurs du service à la personne ses lettres de noblesse par une revalorisation sociale de ce secteur avec une rémunération à la hauteur de cette revalorisation sociale.

 

Enfin Martine Aubry donne sa définition de la Société du Care dans le Monde Magazine du 6 et 7 juin 2010 : "C'est une société de l'attention aux autres. Mais il ne s'agit pas simplement que chacun prenne soin des autres, cela implique aussi que l'Etat prenne soin de chacun. Pour cela, il faut une véritable révolution des services publics. Jusqu'à présent, les services publics fonctionnaient sur des règles générales, et non sur la prise en charge de chacun. Pour moi, c'est cela le "care". Nous voulons une société du respect, et non pas une société dure, violente, brutale, égoïste." La société du Care est donc une société dont les services publics s'adaptent à chacun et où les membres de la société ont un respect mutuel. Vu les crises de violence que nous connaissons, ce renversement du fonctionnement de la société ne serait pas du luxe. Plus loin dans l'interview, Martine Aubry développe l'idée d'une société du respect mutuel entre l'Etat et les citoyens. "Nous voulons prendre en compte la situation de chacun non pas pour lui porter des soins, mais pour lui donner les moyens de prendre sa vie en main, pour l'aider à mieux vivre, à s'émanciper". L'objectif est l'émancipation des Français en prenant en compte la personne afin de construire une société du bien-être. Martine Aubry revient sur l'Etat-Providence et l'échec de l'assistance.

On peut mettre beaucoup de choses derrière le terme du care. Politique des dames patronnesses pour les plus critiques, politique visant à revaloriser les plus marginalisés pour les plus optimistes. C'est avant tout un changement de paradigme de société. Aujourd'hui, on laisse de côté ceux qui souffrent et s'ils n'ont pas les moyens de s'en sortir et on essaie de les enfoncer le plus possible. Un cadre au chômage ne peut obtenir de rendez-vous avant trois mois avec le Pôle Emploi. Si au bout de deux semaines à chaque début du mois, le chômeur n'a pas signalé qu'il était encore au chômage, il est rayé des listes et se retrouve au RSA. Une personne obtenant un CDI doit désormais attendre 8 mois afin de pouvoir engager des frais. Et oui, la période d'essai n'est plus de 3 mois renouvelables une fois mais de 4 mois renouvelable une fois. La France de droite veut enfoncer les Français, Martine Aubry et son Care veut leur redonner... l'espoir.

 

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Posté par abadinte à 09:26 - Parti Socialiste - Permalien [#]
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