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24 mars 2007

Tout sur le Zenith de Bayrou

Je tiens à remercier franchement et sincèrement Quitterie Delmas pour m'avoir fait entrer au sein du Zenith. On peut ne pas faire parti du même parti et s'aider dans des moments sympas. Je dois dire que j'ai été à moitié étonné par le nombre impressionnant de personnes s'étant massé au Zenith pour voir la nouvelle attraction française. L'afflut de toutes ces personnes me semble délirante. Je pense en fait qu'il y avait bien plus de curieux que de militants acquis au bayrouisme.

La salle était faite de façon différente par rapport aux Primaires Socialistes où j'ai fait le service d'ordre. Sur le terre-plein, il y avait des gens debout et une estrade métallique. Le terre plein était rempli à moitié. Je faisais partie de ces personnes. Les personnes présentes au meeting m'ont semblé pour la très grande majorité faire partie d'une caste très peu représenté au sein de la politique: des actifs du privé, cadre ou profession intermédiaire. Il y avait en effet assez peu d'ouvriers, d'étudiants et de retraités. Si la sociologie francilienne se prête peu à la première catégorie, les deux autres auraient du être bien mieux représentés. Bayrou rassemble autour de lui la France active des 30-40naires.

Autre point qu'il me semble nécessaire de rapporter ici. J'ai dit un peu plus haut qu'il y avait plus de curieux que de militants acquis à Bayrou. Celà se voyait aussi à la façon dont la salle réagissait au discours de Bayrou. Certes ils ont applaudi mais il y eut très peu d'acclamations spontanés, de personnes se levant et criant du Bayrou président. Je n'ai pas senti la salle chaude bouillante comme je l'ai senti lors des passages de Ségolène Royal, ma candidate, et de ses malheureux concurrents Laurent Fabius et bien entendu Dominique Strauss-Kahn. Ou alors est-ce parce que le centre est mou? Les militants centristes s'étaient pourtant donné le mot en ayant des T-shirt super sexy avec les sexycentristes, les www.bayrou.fr, les Mangez des clémentines et surtout ce T-Shirt:
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Nos cher amis Bovéistes doivent se mordre les doigts! Bayrou et les sexy centristes ont tout simplement pris le slogan de José Bové!
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Ou alors, Bayrou essaie de récupérer les voix de Bové. Etrange attelage non? Bayrou et Bové dans un bateau pour une révolution pacifico-insurectionnelle!!!!

Parlons désormais du discours.

Ce qui m'a le plus marqué dans le discours de Bayrou c'est qu'il a eu un discours sobre au niveau des propositions, ardu au niveau des attaque ad hominem et intrépide au niveau de la défense de sa grande idée de gouvernement d'union national.

Pour tout dire, les propositions de Bayrou sont quasiment passées inaperçues. Le premier moment fort comme le souligne fort bien Natacha QS est le passage où Bayrou épluche les factures d'une mère célibataire touchant 1200€/mois.  Par un calcul savant - tellement savant que le littré Bayrou en perdit son latin - la pauvre dame arriva à un total de - 120€. Facile à retenir, il lui manque 10% de son salaire! Après ce constat et ce calcul plus qu'hasardeux (je vous passe les détails), Bayrou ne nous dit pas qu'il veut augmenter les salaires de la dame, ni ses allocations, ni baisser le coût de la vie, ni baisser les charges... ni quoique ce soit. Bayrou nous énonce doctement qu'il est contre mais ne nous dit pas ce qu'il veut faire pour que cette dame vive mieux.

Le second point qui m'a frappé est sa capacité à reconnaître ses limites et à savoir que ce qui désole le plus les Français est de voir que le pourquoi il a été élu n'a pas été fait. C'est ce qui s'appelle tenir ses promesses! "Nous ne ferons pas de promesses non tenues". Je dois dire que c'est un point que je considère comme extraordinairement positif. En effet, la dette ne doit pas être considéré comme un point positif. Nous avons besoin de la baisser drastiquement et il faudra faire des efforts de toute part. Il n'y a pas de baguette magique. Et comme je l'avais noté sur mon calepin, ce n'est certainement pas en donnant la baguette magique à Bayrou que l'on améliorera quoique ce soit. Que ce soit clair. S'il est nécessaire de maitriser les dépenses, nous nous devons de redonner confiance dans les différents acteurs économiques qui forment le terreau économique français. Et celà passe par des dépenses efficientes. C'est certainement sur ce point de méthode que je diffère de Bayrou. L'objectif est identique mais le moyen diffère.

Un autre point qui m'a frappé ne vient pas de Bayrou mais de mon voisin. Alors que Bayrou discoursait sur quel Président il souhaitait être: "Entre être président du CAC40 et celui des ouvriers et des paysans et des artisans et des enseignants et des médecins et des infirmières mon choix est tout fait", mon voisin maugréa a son voisin: "Il est gentil le Bayrou mais moi je préfère un président du CAC40!". C'est certainement le tournant de l'histoire. Bayrou pourra faire tout ce qu'il veut comme rotomontade, actions de bonnes grâce etc... Il restera un homme dont les voix viennent de la droite.

J'ai déjà commencé à parler des points qui fachent. Je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin. Un point qui est tout à l'honneur de François Bayrou est le moment où il brocarde la politique chiraquienne. Et là, Monsieur Bayrou nous sort qu'il a été en désaccord total avec la politique de Jacques Chirac pendant ses 12 ans de mandat. 12 ans, c'est long. Long et même plus long qu'il ne le croit puisqu'il ya 12 ans, Monsieur Bayrou entrait au gouvernement Juppé dont le président était... Jacques Chirac! Bref, Bayrou nous a simplement avoué qu'il était en désaccord total avec une politique qu'il a contribué à mener. Est-ce donc d'un tel président que nous voulons? Voulons-nous un président qui se taise lorsqu'une politique lui déplaît ou doit-on le dire?

And last but not least (Et dernièrement mais pas le moindre pour les non-anglophones), ce que j'ai trouvé insupportable tout au long du discours de François Bayrou est l'utilisation du pronom personnel "nous" pour parler de lui. Ce n'est pas tant que ce soit le fait que je soutienne Royal (NB: le Roi dit "il" pour parler de lui) que je trouve désobligeant d'entendre un homme politique dire nous pour parler d'une seule et même personne.

Alors? Faut-il oser Bayrou? Et bien, je pense qu'oser Bayrou, c'est faire le mauvais choix pour de mauvaises raisons.

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Posté par abadinte à 02:38 - Elections - Permalien [#]
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