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24 août 2008

Les contributions socialistes sur l'Europe : un constat partagé

Après avoir mis en avant les contributions n'ayant pas parlé d'Europe, je me lance aujourd'hui dans l'identité européenne et le constat européen que partagent l'ensemble des socialistes.  A savoir, nous, socialistes, sommes européens mais l'Europe est en crise.

Cette réaffirmation de l'identité européenne des Socialistes n'est pas étonnant. La déclaration de principe du Parti Socialiste relève déjà cette identité : "le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l’Union européenne qu’il a non seulement voulue, mais en partie, conçue et fondée."

Ainsi Martine Aubry dans sa contribution déclare que "Nous sommes tous profondément européens", Frédéric Léveillé module la formule "tous les socialistes sont européens" et Laurent Fabius précise "Socialistes, nous sommes internationalistes et euro-volontaires". Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Collomb évoquent tous les deux les racines de l'Union Européenne à savoir pour le premier signataire de la contribution La ligne claire "l’Europe c’était d’abord pour promouvoir la paix". La première signataire de la contribution Changer -qui a été défendu sur ce blog par Matthieu Vittu- regrette que cette identité soit désormais galvaudée : "nous vivons aujourd’hui dans un continent démocratique et pacifié. Un continent riche d’une culture éblouissante et de peuples unis dans leur diversité, attachés aux idées de progrès et de solidarité. Voilà sans doute la plus grande faute des partisans de la concurrence « libre et non faussée», traduction technique du marché sans entraves : ils ont galvaudé l'idée européenne."

Ce constat se retrouve dans à peu près toutes les contributions. Martine Aubry parle de panne : "L’Europe telle qu’elle a été conçue au départ par ses pères fondateurs est non seulement en panne, mais oublie même aujourd’hui sa mission." Gaëtan Gorce précise les propos d'Aubry en parlant de crise : "La construction européenne est à la fois en panne et en crise. On ne peut sortir de cette impasse en tournant le dos aux sentiments du citoyen-électeur, qui exprime sa réticence à l’égard des orientations prises par l’Union." Bertrand Delanoë dresse un portrait sombre de l'Union Européenne car "aucun des grands projets proposés au début des années 90 par Jacques Delors pour dynamiser la croissance, l'emploi et la compétitivité n'a été financé. La concurrence par le dumping fiscal et social s'est répandue. L'Union Européenne est minée par le chacun pour soi et ne parvient pas à dessiner des perspectives identifiées, répondant aux inquiétudes des Européens à l'égard de la mondialisation." Plus loin, le premier signataire de Clarté, Courage et Créativité explique que "L'Union n'apporte pas de solutions aux problèmes quotidiens, parfois même elle paraît les aggraver." Frédéric Léveillé, premier signataire d'Unité et Refondation(s)! veut "dénoncer une marche en avant, sans les peuples, qui privilégie la mise en place d’un grand marché libéral au détriment des avancées sociales et solidaires fondatrices de toutes les démocraties européennes. Le vide institutionnel dans lequel nous demeurons devra bien être dépassé, d’une manière ou d’une autre si nous voulons conforter une citoyenneté européenne et affirmer, avec force, à destination de l’ensemble des habitants de la planète, les valeurs humanistes et démocratiques du projet européen." Ségolène Royal résume le tout en un constat simple : "l'Europe sans les peuples est désormais rejetée."

Marc Dolez remet au centre du débat le Traité Institutionnel Européen.  Ainsi, "L’Europe ne peut se construire contre les peuples. Le vote du 29 Mai 2005 doit être respecté, et, après le Non Irlandais, le traité de Lisbonne considéré comme caduc." Jean-Luc Mélenchon considère que si l'Europe est en impasse c'est parce que le mouvement socialiste "ne savait pas comment affronter le capitalisme financiarisé de notre époque." Laurent Fabius donne des solutions pour résoudre ce constat : "Pour regagner la confiance des peuples, l’Europe devra montrer qu’elle ne se préoccupe pas seulement de concurrence, mais aussi et surtout de croissance, d’emploi, de protection sociale et de préservation de l’environnement." C'est un constat proche de celui de Gérard Collomb qui "connaît les préoccupations des Européens, comment résister à la concurrence des pays à bas salaires, protéger leur niveau de vie, conserver une avance scientifique et technique : force est de constater que ces interrogations ne sont pas au coeur du débat public européen. C’est peut-être pourquoi s’est développée progressivement une sorte d’indifférence à l’égard de l’Europe. C’est peut-être pourquoi aussi, lorsqu’on les interroge sur les traités, les Européens votent non. Non pas par refus de l’Europe mais par refus d’une Europe qui leur semble être devenue abstraite, éloignée des grands problèmes qu’ils se posent."

Enfin Pierre Moscovici qui connaissant tout ce qui s'est dit ci-dessus exprime la nécessité d'"un besoin de gauche [...] pour défendre la protection sociale et les services publics."

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Posté par abadinte à 15:19 - Parti Socialiste - Permalien [#]
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