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11 octobre 2008

Le système des retraites dans les motion Delanoë/Hollande, Collomb/Royal, Hamon et Aubry

Que disent les Socialistes sur la réforme des retraites? Sujet ô combien important tant c'est notre futur qui est en jeu. Certains jeunes dont je fais partie ne réfléchissent plus en terme d'avenir professionnel, carrière ou autre. Les retraites reste un point d'horizon vers lequel ils tendent. En effet, nos parents approchant de l'âge de la retraite ou déjà retraités se demandent comment s'en sortir à l'orée de leur vie professionnelle. Et nous sommes imprégnés de ce doute persistant.

Déjà commençons par une étude quantitative. La motion portée par Bertrand Delanoë et François Hollande "Clarté, Courage, Créativité : Une gauche conquérante pour redonner un espoir à la France" comptabilise 6 fois le terme "retraite". La motion portée par Benoit Hamon "Un monde d’avance, Reconstruire l’espoir à gauche" reprend 19 fois le terme retraite. La motion défendue par Martine Aubry "Changer à gauche pour changer la France" comporte 21 fois l'occurrence retraite. Enfin, la motion de Gérard Collomb "L’espoir à gauche, fier(e)s d’être socialistes" utilise 13 fois ce terme. Donc le tiercé gagnant est Martine Aubry, Benoit Hamon et Ségolène Royal. Bien entendu, le nombre de fois qu'un terme est utilisé ne signifie pas la pertinence du texte. Rentrons donc plus en détail.

Bertrand Delanoë

1) Bertrand Delanoë propose ainsi de réformer les "conditions scandaleuses comme l’enchaînement, sur des années de stages qui n’ouvrent pas de droits à la retraite faute de cotisations". Selon le principe duquel "le vieillissement de la population exige qu’en 2020 2,5% du PIB soient mobilisés pour financer les retraites et accompagner 1,2 millions de personnes dépendantes", il faut "préserver nos régimes de retraite par répartition et garantir le pouvoir d’achat des petites pensions"  ce qui "peut impliquer,à terme, l’augmentation de la durée de cotisation" sous 3 conditions :

- la mise en place d’objectifs négociés avec les partenaires sociaux sur l’emploi des seniors qui est particulièrement faible en France (38% contre 48% en Allemagne).

- la prise en compte de la pénibilité des emplois successifs dans le parcours professionnel,qui devrait donner droit à des trimestres de bonification.

- la prise en considération des inégalités en terme d’espérance de vie.

Delanoë veut revenir sur les dispositions prises par les trois derniers gouvernements de droite (Raffarin, Villepin, Fillon). Et il faudra que les Socialistes proposent "des solutions complémentaires pour garantir le financement de nos régimes de retraite comme la révision des exonérations des cotisations patronales, à mener en concertation avec les partenaires sociaux, ou l’abondement du Fonds de réserve des retraites par le produit de cessions patrimoniales de l’Etat." Delanoë propose de taxer les stock-options qui ne le sont pas aujourd'hui ce qui équivaudrait à une rentrée de 3 milliards d'euro.

Benoit Hamon

La motion de Benoit Hamon dénonce "la réforme des retraites, imposée par la droite, aura pour effet de réduire le pouvoir d’achat des futurs retraités" et que "l’allongement de la durée de cotisation se traduira par une baisse du niveau des pensions dès lors que les entreprises font toujours partir leurs salariés à 58,5 ans, âge moyen de départ à la retraite".

Benoit Hamon réaffirme son attachement à "la retraite à 60 ans" et "le principe de la retraite par répartition" rappelant les dangers de la capitalisation visible aujourd'hui avec la crise financière.

Pour le financement, Hamon propose de taxer les stock-options (comme Bertrand Delanoë) rappelant que c'est une préconisation de la Cour des Comptes présidée par Philippe Séguin et de créer une CSG entreprise.

L'une des réponses face au vieillissement de la population pour Benoit Hamon est le recours à l'immigration.

Les couples pacsés doivent bénéficier de meilleurs conditions en terme de retraite ainsi qu'au moment du veuvage.

Benoit Hamon propose de "prendre en compte des années de formation et de stage dans le calcul de la retraite" (et va donc plus loin que Bertrand Delanoë).

Martine Aubry

Martine Aubry aussi dénonce le recul des droits des Français sur leurs retraites. Sa motion propose qu'"au-delà des 35 heures, il faut continuer à repenser le temps de travail, en y intégrant la formation, le chômage, mais aussi les modalités de départ à la retraite pour permettre par exemple des départs à la retraite progressifs, prenant en compte la pénibilité du travail et l’espérance de vie tout en favorisant la transmission de savoirs aux jeunes".

Pour le financement, Martine Aubry propose de "reprendre l’alimentation du fonds de réserve des retraites et élargir l’assiette des cotisations retraites pour y intégrer les revenus du capital".

Martine Aubry met en avant deux convictions :

- "la nécessaire consolidation du système de retraite par répartition, qui est un des piliers majeur du pacte social français" sans être "opposés à un allongement de la durée de cotisations suivant l’allongement de la durée de vie" et en prenant en compte "la pénibilité du travail"

- La nécessité de "sortir de la seule logique financière" dans la question des retraites car l'augmentation  de l'espérance de vie est aussi bien une chance qu'un nouveau défi en terme sociétal sur lequel le Parti Socialiste devra apporter des réponses.

Martine Aubry propose ainsi d'intégrer les retraités dans la vie sociale en leur proposant d'être des acteurs et plus des spectateurs. Ainsi, "l’octroi d’un logement aidé pourrait s’accompagner de l’adhésion à une charte de vie collective prévoyant la participation des locataires à la vie de leur immeuble" comme "la garde d’enfants assurée par des retraités".

Ségolène Royal

La motion de Ségolène Royal souhaite "réformer en le clarifiant le système de retraite" et explique que "les personnes changeant de statut (public/privé, salarié/non-salarié, France/étranger) craignent souvent de perdre leurs droits à la retraite.C’est la conséquence de l’empilement des régimes et des formules opaques.Ce système flou est l’ennemi du mouvement et de l’initiative. La réforme que nous proposons, fondée sur les comptes individuels de cotisations, favorisera la mobilité et s’adaptera aux trajectoires professionnelles des individus".

Voici les caractéristiques de la motion Collomb :

- "Le système reste par répartition et les cotisations des salariés financent les pensions courantes." Un compte individuel de chaque travailleur mesure en euros les droits à pension à chaque instant donc un lien clair et direct est établi entre contributions des travailleurs et droits à pension.

- "Au terme de sa vie active, chaque travailleur a accumulé un patrimoine retraite, revalorisé tout au long de la vie, qui lui donne droit au versement d’une pension mensuelle calculée en fonction de l’espérance de vie moyenne de sa classe d’âge. Le critère de la pénibilité des tâches doit être pris en compte dans ce calcul".

- "Les salariés moyens et modestes sont avantagés dans un tel système, puisque les carrières longues permettent d’accumuler un patrimoine plus important. La prise en compte de toutes les années de cotisations permet aussi d’éviter que les travailleurs à carrière longue subventionnent de fait ceux qui ont eu une carrière plus courte mais de fortes revalorisations salariales en fin de carrière".

- "Avec ce système, fondé sur un principe simple d’équité et de transparence, [...] quand les personnes changent de statut, ils ne perdent rien".

Analyse

Les points clivants :

Benoit Hamon est le seul à parler de retraite à 60 ans tandis que Martine Aubry et Bertrand Delanoë n'exclut pas de travailler plus longtemps suivant la pénibilité du travail. Ségolène Royal ne parle pas d'âge de la retraite.

Bertrand Delanoë et Benoit Hamon veulent intégrer les stages et les formations de second cycles (pour Hamon). Martine Aubry et Ségolène Royal n'en parlent pas.

Martine Aubry est la seule à parler des retraites d'un point de vue sociétal. Les autres considèrent les retraites comme un simple problème comptable.

Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoit Hamon proposent des financements des retraites avec la taxation des stocks options, le retour sur des éxonérations de charges... Benoit Hamon est le seul à proposer une CSG entreprise. Ségolène Royal ne parle pas du financement des retraites.

Ségolène Royal propose un calcul simplifié des retraites tout au long de la vie et plus sur les 25 meilleures années avec la possibilité de suivre en temps réel l'argent épargné alors que les autres motions ne parlent pas d'une telle simplification. Par ailleurs, je tiens à noter pour ceux qui souhaitent comprendre le système proposé par Gérard Collomb de se référer à ce qui passe en Suède puisque c'est sur le modèle suédois que cette proposition s'est construite (pension par point, retraite par capitalisation de 2,5% de la retraite, pension garantie dont le minimum varie selon le lieu de résidence).

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Posté par abadinte à 09:19 - Parti Socialiste - Permalien [#]
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